Eva Éducation canine

Mon parcours, Pandore et Phœnix

Qui suis-je ?

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Je m’appelle Eva et je suis éducatrice canine à Lille formée dans plusieurs domaines  depuis 3 ans. 

Avant de m’orienter vers l’éducation canine j’ai été étudiante en sociologie et en langues, puis professeur d’anglais. Et comme pour beaucoup d’entre nous le confinement a été source de questionnement et de prise de décisions qui ont changé ma vie. 

Pandore

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J’ai adopté Pandore en Octobre 2019 au terme de mes études, ayant toujours vécu avec des chiens autour de moi. Le besoin de vivre avec un chien se faisait ressentir. Pandore étant un berger australien il demande une attention assez spécifique car c’est un chien très énergique, mais surtout je mettais un point d’honneur à l’emmener partout avec moi et lui proposer énormément d’activités pour le stimuler. Cela m’a amené a me pencher sur l’éducation canine et en découvrir plus. Et plus j’en découvrais, plus je voulais en découvrir. Nous avons rapidement fait du mantrailling  (recherche de personnes grâce à l’odeur de la personne, c’est ce qui est utilisé lors des recherches de personnes disparues), je l’ai aussi habitué aux divers transports en commun, à venir avec moi dans les restaurants, magasins, bars… etc 

Et puis le confinement est arrivé et nous avons dû trouver de nouvelles occupations comme la détection des odeurs ou encore de nombreux tours. Plus je passais du temps à travailler avec lui et me renseigner sur l’éducation canine, plus il m’a paru évident que cette voie était la mienne. À la reprise des activités durant l’été 2020, j’ai alors commencé ma formation d’éducatrice canine à Lille, et ai fait de nombreuses formations afin d’en apprendre plus auprès de professionnels renommés. 

Et encore maintenant, Pandore m’accompagne partout ou presque. Il est venu avec moi lors d’un road trip au Canada, m’accompagne souvent dans mes cours et activités professionnelles et il ne cesse de m’en faire découvrir plus sur l’éducation canine comme récemment quand nous avons commencé un entraînement de chien de troupeau. Mais Pandore n’est pas mon seul chien, et Phoenix a été un vrai défi pour la jeune éducatrice canine que j’étais, mais croyez moi il a vraiment mérité son prénom.

Phoenix, mon chien réactif

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Alors que je progressais dans ma formation d’éducatrice canine, j’ai eu l’envie d’adopter un second chien. Je me suis orientée vers un Border Collie car c’était ma race de chiens de rêve depuis l’enfance. Après avoir regardé de nombreuses annonces, j’ai fini par trouver celle  d’un chien, croisé Border Collie, sorti de terribles maltraitances et dont l’adoption s’annonçait compliquée puisque c’était un chien particulièrement réactif. Quelques heures de route pour aller le rencontrer, un coup de cœur et un temps de réflexion pour m’assurer que je me sentais de taille pour accueillir un chien réactif, et voila que Phoenix arrive à la maison pour les fêtes de fin d’années 2020. Dans un contexte quotidien, je peux appréhender à quel point Phoenix est un chien réactif. La réactivité canine est connue sans l’être vraiment. Un chien réactif est un chien qui réagit anormalement à un stimuli, que ce soit par une peur évidente, des aboiements, de l’agressivité, une prostration ou une excitation démesurée.

Phoenix présentait une réactivité à… presque tout, et qui se manifestait de plusieurs manières. Il était impossible de lui mettre une laisse sans risquer la morsure. Heureusement que nous avions un jardin qui lui permettait de sortir, car il était tétanisé à l’idée de franchir une porte et est resté presque 1 an dans la salon, complètement incapable d’aller dans une autre pièce. Il nous laissait à peine le toucher tant il avait peur de nous. Au moindre mouvement ou bruit, il repartait se cacher dans sa cage. Je savais que le travail serait particulièrement long. En tant que toute jeune éducatrice canine, je me suis armée de patience et j’ai étudié en détail la réactivité canine et toutes ses expressions. Et surtout, j’ai appris à ne pas juger les propriétaires de chiens réactifs car étant moi même confrontée aux problèmes et ayant des outils pour travailler sur la réactivité de mon chien, il a malgré tout passé un an dans mon salon sans parvenir à le faire sortir en extérieur. 

Et pourtant, un jour, Phoenix a passé la porte du salon de lui même, sans le forcer, sans avoir peur. Peu après il arrivait à venir dans la chambre pour la nuit, et est devenu très câlin ! Cette proximité affective l’a énormément aidé sur sa réactivité, beaucoup de « petits » progrès se sont faits petit à petit. Comme accepter que des inconnus viennent à la maison, et parfois même les caresses d’autres personnes que mon conjoint et moi. Mais il restait un point très compliqué à appréhender pour lui comme pour nous, puisqu’il montrait beaucoup d’agressivité dès que l’on essayait de lui mettre une laisse. Un chien réactif de cette manière ne peut pas être sorti en liberté. Mais j’ai continué à travailler sa réactivité, parfois un peu plus, parfois un peu moins, et soudain un jour, après plusieurs années en intérieur, il a été possible de lui mettre la laisse sans risque de morsure, et puis peu après de le faire sortir dans la rue. J’ai travaillé sa réactivité petit à petit, tout était nouveau et source de réactions, mais il a fait un super travail et en quelques mois il était possible de l’emmener en balade et lui faire découvrir un tas de choses ! Et je parle en tant qu’éducatrice canine mais surtout en tant que propriétaire : ce progrès a été source d’une grande fierté pour moi, voir mon chien réactif faire de tels progrès et pouvoir vivre sa vie de chien normalement est encore particulièrement touchant pour moi. 

Cette expérience m’a appris plusieurs choses. Tout d’abord à ne jamais juger les propriétaires, quels que soient les problèmes rencontrés. Il peut être très difficile d’appréhender son animal et ses problèmes, même avec une formation sur les chiens réactifs et en travaillant comme éducatrice canine. Mon chien a passé un an sans quitter le salon, et plus de deux ans sans sortir de l’appartement. Alors pour les gens dont ce n’est pas le travail, je ne peux que comprendre les difficultés rencontrées, le manque d’informations, de compréhension et d’outils pour travailler avec son animal. J’ai aussi pu en tant qu’éducatrice canine, vivre de près la réactivité canine, sous toutes ses formes, et sur beaucoup d’éléments. Cela m’a appris beaucoup sur les chiens réactifs et agressifs mais m’a aussi amené à me pencher sur les chiens dits « compliqués » ce qui est encore maintenant ce que je préfère dans mon travail.